Le journal des dépenses et des recettes.
Il existe des supports informatiques mais pour tous ceux qui le veulent, la tenue d'un livre-journal des dépenses et des recettes est suffisante. Tous les ans l'agent commercial doit remplir la déclaration fiscale n°2035, tous les postes s'y trouvant apparaissent sur le registre recettes dépenses des professions libérales, le gain de temps et la clarté des informations sont de ce fait garantis.
Ce journal des dépenses et de recettes peut être tenu en Hors Taxe (H.T.) ou en Toutes Taxes Comprises (T.T.C.). Que l'agent choisisse l'une ou l'autre façon, il lui faudra appliquer soit toutes les dépenses et les recettes en H.T., soit toutes en T.T.C.
Il est d'usage de tenir ce journal en HT mais si l'agent veut le tenir en T.T.C., il lui faudra penser à déduire sa TVA dans la rubrique TVA payée lorsqu'il remplira sa déclaration annuelle 2035.
La tenue d'un livre-journal des dépenses et des recettes est simple, mais demande de la rigueur. Il doit être rempli quotidiennement par date. Aucun montant total ne doit être inscrit, les dépenses et recettes doivent être détaillées et l'agent doit garder tous les justificatifs. L'agent ne doit écrire qu'au stylo bille, sans rature, émargement, blanc, oubli ni surcharge. En cas d'erreur, il doit passer l'écriture inverse pour annuler la mauvaise.
Chaque livre-journal doit être conservé durant six ans, ainsi que tous les justificatifs.
Les recettes à inscrire dans le livre-journal.
L'agent doit considérer comme recette toutes les sommes qu'il perçoit : espèce, chèque, traite, virement bancaire, paiement en nature. Toutefois que ces sommes doivent avoir un lien concret avec son activité, lien direct (commissions) ou indirect (remboursement de frais).
Pour déterminer quel lien a l'exercice comptable avec sa recette, l'agent ne doit pas tenir compte de la date de l'opération mais :
recette en espèce : date d'encaissement.
recette par chèque : date de réception de celui-ci.
recette par traite : date d'échéance.
une traite par anticipation : date d'endossement.
recette en nature : date d'acquisition en propriété.
EXCEPTIONS :
L'agent peut faire une comptabilité commerciale s'il est imposé sous le régime des BNC (bénéfices non commerciaux). La caractéristique de la comptabilité commerciale est de tenir compte des charges à venir et des produits à recevoir, mais cela est complique. Par contre il ne peut faire ce choix seul, il lui faut avant faire une demande écrite près de l'administration fiscale.
les plus-values immobilières ne doivent pas paraître dans les recettes.
en cas de cession d'activité ou de décès de l'agent commercial, des exceptions s'appliquent, nous les étudieront plus loin.
L'enregistrement des recettes.
Dans son livre-journal l'agent doit écrire quotidiennement tous les mouvements de trésorerie par ordre chronologique et détailler chaque opération. Ce livre-journal se présente sous forme de tableau à plusieurs colonnes : date, libellé, caisse et autant de colonnes que de banques utilisées par l'agent. Cette séparation permettra à l'agent de faire ses rapprochements bancaires plus facilement.
La suite de l'enregistrement de ses mouvements de trésorerie consiste à ventiler sa recette dans les comptes attribués. L'agent a le choix entre trois colonnes :
les commissions et honoraires.
les autres recettes diverses.
le compte de l'exploitant.
Les commissions et honoraires :
Cette rubrique rassemble les sommes que l'agent à reçu lors de son activité. L'agent commercial doit inscrire ces sommes comme commissions et honoraires, quelque soit le nom utilisé pour les qualifier : commissions, honoraires, gratifications, vacations, ristournes, intéressements, avances sur commission, acomptes sur commission...
Les autres recettes diverses :
Cette catégorie regroupe tous les autres revenus. Cette particularité lui vaudra d'être étudiée en détail à la fin de l'exercice afin de définir la manière dont sera imposée chaque recette (impôt sur le revenu ou revenu imposable au titre des plus-values).L'agent doit y inscrire toutes les dépenses : produits financiers, remboursements de frais professionnels, subventions d'équipement, dommages et intérêts, débours payés pour le compte d'un client, cessions d'immobilisation...
Le compte de l'exploitant :
L'agent commercial doit l'utiliser pour toutes les rentrées d'argent qui ne proviennent pas de son activité professionnelle. Ce compte permet aussi à l'agent commercial de « mettre de l'argent dans son activité » quand celle-ci en a besoin. En effet la caisse ne doit jamais être négative !
REMARQUE :
Si votre activité nécessite l'emploi de plusieurs taux de TVA, n'oubliez pas d'ouvrir une colonne TVA par taux de TVA que vous utilisez dans votre livre-journal.
Les dépenses à inscrire dans votre livre-journal.
Dans le cadre où l'agent tient un livre-journal des dépenses et des recettes, les principes suivants lui seront utiles pour avoir une comptabilisation régulière (selon les règles) de ses dépenses.
Sa dépense doit être réelle :
L'agent doit avoir réglé sa facture. S'il paye une facture en plusieurs fois, il ne peut pas enregistrer cette facture dans sa totalité. Il doit inscrire sur votre livre journal, à la date de règlement, la somme effective versée. Il est hors de question, s'il n'a pas opté pour une comptabilité commerciale, d'enregistrer le reste dû comme charge à recevoir. De même la date de facture n'a aucune incidence sur la date d'enregistrement de votre paiement. Si l'agent doit une facture au mois de février mais qu'il ne la règle qu'en avril, il enregistre sa dépense sur le mois d'avril.
L'enregistrement des dépenses.
La dépense doit être enregistrée sur l'exercice comptable ou elle a pris réalité.
selon le mode de règlement que vous avez utilisé, les dates d'enregistrement ne seront pas les mêmes :
dépense en espèce : retenir la date de paiement.
dépense par chèque : retenir la date d'émission du chèque.
dépense par carte bancaire à débit immédiat : retenir la date de paiement.
dépense par carte bancaire à débit différé : retenir la date de débit sur votre compte.
dépense par traite : retenir la date du jour de paiement par la banque.
par virement : retenir la date d'inscription du virement au débit de votre compte.
Les dépenses doivent être en rapport avec l'exercice de sa profession :
Sa dépense doit être utile à son activité, c'est-à-dire que sans elle vous ne pouvez pas escompter avoir de revenus. Ne pas mélanger le caractère privé et professionnel d'une dépense. L'agent peut déduire des frais de réception mais ne peut déduire des frais de coiffeur, (en effet, même en argumentant que vous êtes allé(e) chez le coiffeur pour être correct(e) devant un client, cette dépense aurait quand même due se faire même sans ce travail). Cette coupe n'est pas liée à son activité, donc pas une charge pour l'agent commercial. L'agent, doit pouvoir justifier le caractère professionnel de sa dépense, en la liant soit à une recette, soit à une mission professionnelle.
Les dépenses doivent être justifiées :
L'agent commercial doit fournir une facture pour chacune de ses dépenses, attention un ticket de caisse n'est pas suffisant ! Sauf pour les parkings et les transports, où les gérants ne délivrent pas de facture, s'ils sont sans abus et qu'ils peuvent s'expliquer.
Les atouts de l'amortissement.
Amortir un bien permet d'étaler la charge de son coût d'acquisition dans le temps. L'amortissement est en fait la constatation comptable de la dépréciation d'un bien, il permet aussi la mise en réserve de la somme correspondante en prévision du renouvellement du bien amorti. L'amortissement permet aussi de ne pas considérer la diminution du capital comme un revenu.
Votre matériel informatique perd de sa valeur d'une part parce que vous l'utilisez, mais aussi parce que les technologies évoluent et qu'il devient obsolète. Si vous ne le l'amortissez pas sur plusieurs exercices, vous considérerez sur l'exercice N+1 qu'il a autant de valeur que sur l'exercice N, année de son acquisition. Hors il n'en est rien. Cette perte de valeur doit être constatée comptablement afin que le montant de votre capital comptable colle à la réalité. Vos recettes N+1 seront ainsi diminuées du montant de l'amortissement, votre enrichissement réel sera comptabilisé et non le montant total des recettes. Pour être amorti, un bien meuble ou immeuble doit être inscrit au registre des immobilisations
Comment amortir un bien.
Il existe deux méthodes pour amortir un bien dans votre journal des amortissements : l'amortissement linéaire ou dégressif.
La base d'amortissement :
Quelque soit la méthode d'amortissement appliquée à un bien, la base d'amortissement se calcule de la même façon. Elle est composée par le prix d'achat de ce bien auquel il faut ajouter les frais joints à cet achat : frais de livraison, frais d'installation.
Si l'agent est soumis à la TVA, il doit retenir les montants HT puisqu'il récupère la TVA de son achat et des frais joints. En revanche, s'il n'est pas soumis à la TVA, la base d'amortissement qu'il retiendra sera calculée à partir des montants TTC.
1ère méthode d'amortissement : l'amortissement linéaire.
C'est la méthode à appliquer sauf exception. Elle permet à l'agent de répartir dans le temps la charge qui correspond à l'achat de son bien. L'administration fiscale juge de la durée d'amortissement d'un bien en fonction de sa durée de vie présumée. Ainsi il est habituellement admis que les durées d'amortissements des biens courants sont :
matériel de bureau : 5 à 10 ans
mobilier : 10 ans
installations : 10 à 20 ans
véhicule : 4 à 5 ans
Cette méthode d'amortissement permet de répartir équitablement dans le temps la charge de son achat, y compris si l'agent l'a acquis en cours d'année.
2ère méthode d'amortissement : l'amortissement dégressif.
L'agent commercial peut amortir certains biens plus vite grâce à cette méthode dont bénéficient certains biens comme l'équipement informatique.
Il faut néanmoins que ces biens répondent à deux obligations : leur durée de vie doit être au minimum de trois ans et ils doivent être acquis neufs. Le taux d'amortissement dégressif se calcule à partir du taux d'amortissement linéaire auquel on applique un coefficient :
1,5 pour une durée d'utilisation du bien de 3 ou 4 ans.
2 pour une durée d'utilisation du bien de 5 ou 6 ans.
2,5 pour une durée d'utilisation du bien supérieure à 6 ans.
Nos sponsors


